Une manufacture,
parce que le sel valait davantage que l'or.
Au XVIIIᵉ siècle, le sel est une ressource stratégique, taxée par la gabelle royale. La Saline royale d'Arc-et-Senans est conçue pour rationaliser sa production à l'échelle industrielle.
Le sel, ressource stratégique de la monarchie.
Le sel se conserve, sale les viandes, tanne les peaux, soigne. Au XVIIIᵉ siècle, il est lourdement taxé par la gabelle, un impôt royal qui constitue l'une des principales recettes du royaume. Sa contrebande, la « faux saunage », est durement réprimée.
La saline existante de Salins-les-Bains, à quelques lieues d'ici, fonctionne depuis le Moyen Âge. Mais le bois manque pour alimenter ses chaudières. L'idée de Louis XV est simple : amener l'eau salée vers une forêt qui peut la chauffer.

Un saumoduc de 21 kilomètres.
Une canalisation en bois, le saumoduc, transporte l'eau salée depuis Salins-les-Bains jusqu'à Arc-et-Senans, en traversant la forêt de Chaux. Sur place, l'eau est chauffée dans d'immenses chaudières installées dans les deux pavillons des sels, encadrant la maison du directeur.
L'évaporation cristallise le sel. Les ouvriers récoltent le précieux dépôt et le conditionnent dans les pavillons des commis. La manufacture produit jusqu'à 35 000 quintaux de sel par an, soit près de 1 750 tonnes.
Une cité industrielle avant l'industrie.
La Saline royale d'Arc-et-Senans est une expérimentation sociale autant qu'architecturale. Ouvriers et leurs familles vivent sur place, dans des logements hiérarchisés par fonction. La chapelle, l'école, la boulangerie sont prévues dans le plan d'origine.
Cette organisation préfigure les cités ouvrières du XIXᵉ siècle, et nourrira la Cité idéale de Chaux que Ledoux dessinera après la Saline, sans jamais la voir construite.